Radio Ñomndaa est une radio communautaire, emblématique des projets de communication indigène au Mexique. Elle s’inscrit dans le processus d’autonomie du peuple amuzgo.

Le livre revient sur l’histoire et le rôle de ces radios au Mexique, et sur les questions soulevées par le documentaire. Un entretien avec des membres de Radio Ñomndaa illustre la vision et l’action de ce collectif. Une conversation avec la journaliste mexicaine Gloria Muñoz Ramirez retrace les enjeux historiques et actuels des processus d’autonomie au Mexique.

À l’heure où le Mexique traverse une grave crise politique et sociale, La Parole de l’eau nous rappelle que le mouvement pour l’autonomie est la seule réponse à la violence institutionnelle.
 
 

La diffusion du DVD+livre La palabra del agua s'inscrit dans une démarche de soutien à Radio Ñomndaa. Une partie des bénéfices sera reversée au collectif de Radio Ñomndaa pour le soutenir dans son projet et dans l'acquisition de matériel.

 

 
 

Un aperçu du livre
Une mosaïque de textes pour contextualiser le film...

 

Suljaa', la fleur qui s'appelle rebeldía
Histoire et actualité du village de Suljaa' (Xochistlahuaca), d'où émet Radio Ñomndaa.

 

Au cœur de Radio Ñomndaa
Retour sur la place de Radio Ñomndaa dans la communauté amuzga.

 

Radio Ñomndaa par elle-même
Un entretien complet avec des membres de Radio Ñomndaa, réalisé en août 2011, illustrant la vision et l'action de ce collectif des origines du projet à nos jours.

 

Radios libres, la parole qui coule comme de l'eau
Un panorama des radios communautaires au Mexique depuis leur développement dans les années 1960, et le rôle qu'elles occupent dans la résistance actuellement.

 

Conversation avec Gloria Muñoz
Gloria Muñoz une journaliste mexicaine, impliquée dans les luttes pour l'autonomie.
Partant de l'autonomie « millénaire » des peuples originaires, elle étend sa réflexion aux autres formes d'autonomie et montre comment les médias communautaire sont un outil dans la construction de ces expériences.

 

Expériences d'autonomie : des bases communes
Il n'existe pas de formule unique pour aborder l'autonomie dans les communautés indigènes au Mexique. La diversité de ces expériences permet cependant de dégager des bases communes, parmi lesquelles le travail communautaire, l’auto-gouvernement, la préservation de l'identité et la relation au territoire.

 
 

 

Extrait de l'entretien avec Gloria Muñoz Ramirez

 

« A mon sens, le concept d'autonomie se prête davantage à une pratique qu'à une théorisation. Dans les langues indigènes, le mot ”autonomie“ n'existe même pas. On peut très bien écouter des compagnons parler dans différentes langues, leur langue maternelle, et entendre soudain le mot « autonomie » en castillan, c'est-à-dire qu'il n'en existe même pas de traduction dans leur propre langue. Ils pratiquent l'autonomie depuis des milliers d'années et ne l'ont pas comme concept.
C'est très significatif de ce qui s'est produit ultérieurement, à travers les nombreuses tentatives de soumettre cette notion à la théorie, de la conceptualiser, de lui attribuer des paramètres et des limites afin de définir ce qu'elle est ou ce qu'elle n'est pas.
Je n'emprunterai donc pas le chemin de la conceptualisation. J'évoquerai plutôt ce que j'entends par les pratiques d'autonomie. C'est une pratique qui relève, tout du moins au Mexique, d'une manière de s'organiser, communautaire et collective. Une pratique où l'un des principaux horizons est le choix de sa propre destinée et qui, dans la quotidienneté, signifie l'organisation de la vie communautaire. »

 
 

 

Extrait de l'entretien avec Radio Ñomndaa,
sur les origines de la radio

 

« En 2002, nous avons réaffirmé ce droit à nous gouverner nous-mêmes, à partir de ce que nous sommes, et nous l'avons rendu public. Par ailleurs, il nous paraissait nécessaire d'intégrer les nombreux villages de la région dans cette réflexion, dans ce processus.
Lorsque nous avons instauré le gouvernement traditionnel à Xochistlahuaca, nous avons eu besoin de dire pourquoi nous reprenions cette forme de gouvernement. Nous avons réfléchi à comment le faire. Une manière était d'appeler à des réunions, mais c'était difficile car il y a beaucoup de villages. Puis nous avons réalisé que dans d'autres endroits du pays, comme dans l'État de Veracruz, il existait des radios depuis plus de trente ans qui transmettaient en langues indigènes.
Il était donc possible de construire un média de communication pour les communautés, une radio. Nous en avions besoin pour communiquer entre villages dans le contexte de la création du municipio autonome. Surtout qu'ici, plus de cinquante pour cent de la population est monolingue, et que la majorité ne sait ni lire, ni écrire. Le moyen le plus approprié était donc la parole, la parole orale. Il aurait peu servi d'imprimer des revues, car peu de gens savent lire.
C'est ainsi qu'est née l'idée d'avoir une radio. C'était une nécessité. Elle représentait en même temps l'exercice d'un droit jusqu'alors ignoré par les lois. La Constitution l'envisage, mais il n'existe pas de législation secondaire qui reconnaisse l'existence des radios communautaires. Par la mise en place de cette radio, nous exerçons dans les faits les accords de San Andrés. »

 
 

 

Quelques photos

 



 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus…

 

Desinformémonos (Désinformons-nous), revue alternative et indépendante qui a pour but de créer des espaces d’information sur les luttes et résistances des peuples « d’en bas » ayant lieu dans les cinq continents, propose un article sur Radio Ñomndaa, dans son n°27 de février 2012.

 
 

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